La France avait le privilège d’être l’invitée d’honneur de ce grand salon qui, sur 55 000 m², a accueilli 900 exposants, pour la grande majorité brésiliens, du 12 au 22 mai. On peut comparer cette manifestation au Salon du livre de Paris puisqu’il ne s’agit pas vraiment d’un salon international tel que la Foire du livre de Buenos Aires ou encore la Foire du livre de Guadalajara au Mexique qui rassemble, outre certains pays d’Europe, toute l’Amérique latine.
C’est en effet avant tout une grande fête culturelle grand public (560 000 visiteurs dont plus de 200 000 élèves et 33 000 professeurs) organisée sur trois halls, où se pressent tous les écoliers qui bénéficient de « chèques livres » afin de les mobiliser à la lecture. Les organisateurs brésiliens se sont largement inspirés du café littéraire de Paris où se sont déroulés de nombreux débats animés par des auteurs de talent.
Le stand dévolu à la France (285 m²) regroupait différentes entités (ambassade de France, Alliance française, Édufrance, l’Adpf, Unipresse, la librairie Leonardo da Vinci et le BIEF), près de 2 500 titres étaient exposés pour le plaisir du public francophone et francophile.
Le prix moyen d’un livre de littérature générale au Brésil se situe entre 8 et 12 euros, ce qui est déjà relativement cher par rapport au pouvoir d’achat ; le prix du livre français apparaît donc comme très élevé. « La France est et reste une référence dans le domaine des sciences humaines, notamment la philosophie et l’anthropologie. La culture de la France a une très forte influence au Brésil » a déclaré M. Paolo Rocco, président du SNEL.
Selon les statistiques du Syndicat national du livre brésilien (SNEL), 410 titres ont été achetés aux éditeurs français ; la langue française arrive en deuxième position pour les traductions, après l’anglais.
La commercialisation des ouvrages était assurée par la librairie Leonardo da Vinci à un prix inférieur de 10% à celui pratiqué en France. Le Syndicat national du livre brésilien et l’ambassade de France au Brésil ont collaboré à la venue d’auteurs français tel que Dominique Wolton, Marc Levy, Marie Darrieussecq, Jean-Christophe Ruffin, Martin Page, Michel Butor, Serge Patient ou Gilles Lapouge… qui ont animé des tables rondes.
Plusieurs tables rondes professionnelles ont été organisées par le SNEL et l’ambassade avec l’appui du SNE et du BIEF. Les questions relatives au prix du livre, aux aides de l’État pour le secteur du livre, à la diversité culturelle, aux enjeux du numérique, au droit d’auteur « à la française » ont été abordées. De même, la réception croisée des littératures brésilienne et française ainsi qu’un échange sur la situation de l’édition de sciences humaines dans les deux pays ont été l’occasion d’échanges avec les professionnels brésiliens.