L’AILF sur les routes algériennes
En préalable au premier des 6 séminaires de formation des libraires algériens proposés par le BIEF à partir de 2005, Michèle Capdequi au nom de l'AILF s'est rendue dans une quinzaine de librairies pour rencontrer les libraires et dresser un état des lieux de la librairie algérienne.
Du 19 février au 3 mars, je troquerai ma casquette de trésorière de l’AILF pour celle (plus sympathique) de « compagne de route » de quelques librairies algériennes. J’arpenterai le pays sur plus de mille kilomètres d’Est en Ouest pour rencontrer les libraires et je conclurai par deux jours de séminaire à Alger, réunissant les libraires de la capitale.
L’origine de ce projet remonte aux rencontres du salon du livre de Paris en mars 2004, pendant lesquelles des libraires algériens ont formulé certaines demandes : dresser un état des lieux du métier de libraire en Algérie, se repositionner en tant que chef d’entreprise face à son projet de librairie (voire son absence de projet) et se questionner en termes de désirs, de compétences, de réussites ou de déconvenues pour pouvoir se projeter dans l’avenir.
Cette mission exploratrice, financée par le ministère français de la Culture, concernera 8 librairies de taille diverses et de profils fort différents. Mon regard de libraire ira à la rencontre d’un univers à la fois connu (même métier) et inconnu (identité des librairies à découvrir).
Ma mission sera basée sur une question centrale : qu’en est-il de l’adéquation entre ce que dit (ou souhaite) le libraire et la réalité de sa librairie ? Un environnement extérieur, une porte d’entrée accueillante ou non, une vitrine animée ou délaissée, un aménagement plus ou moins adapté, des sourires, un assortiment correspondant au projet de la librairie : tout ce qui accompagne notre quotidien de libraire, qu’on ne voit plus parce qu’on ne le connaît que trop bien mais qui est aussi notre carte de visite à l’extérieur. Il nous faut parfois ces regards amis qui viennent bousculer, encourager, aider à la remise en question quand celle-ci pointe son nez.
Au sein de l’AILF, cette démarche solidaire est nécessaire et demande à être développée : croisons nos regards pour oser, en confiance, rompre avec des habitudes qui ont fait taire le créatif, soyons à l’écoute : il y a tant à apprendre les uns des autres.
- Michèle Capdequi
Librairie La Préface, Colomiers