Le Salon du livre franco-coréen marche de mieux en mieux. Pour sa 3e édition, qui s'est tenue à Séoul du 19 du 25 mars dernier au Centre culturel Séjong, il sera parvenu à attirer près de 6 000 visiteurs, soit plus du double qu’en 2003 et 2004.
Cette affluence tient à ce que l’ambassade de France et ses partenaires, le BIEF, la librairie Kyobo, l'éditeur GNC Médias et la coopérative des éditeurs coréens (KOPOUS), se sont cette année donné les moyens d'impliquer les professionnels, éditeurs et agents, comme les médias. A la veille de l'ouverture au public, une soirée leur a été réservée, ce qui a permis au Salon d’obtenir une couverture largement positive dans les quotidiens, les magazines gratuits ou le site internet "ohmynews" (2 millions d’internautes en moyenne par jour). Organisés en juin, les deux précédents salons n'avaient pas su attirer les jeunes, en pleine période d'examens. Sans contrainte scolaire fin mars, ils ont pu venir beaucoup plus nombreux.
Les périodes et les espaces réservés pour les jeunes ont obtenu le succès escompté : salle consacrée à la bande dessinée, exposition Jules Verne (ouvrages en français et coréen, planches de Hetzel agrandies) ou ateliers de dessin, animés successivement par Zep, l'auteur de Titeuf (10 heures de dédicaces en deux jours !) et Lewis Trondheim, un des fondateurs de l'Ouvroir de bande dessinée potentielle, récemment primé à Angoulême.
Consacrée aux plus jeunes et animée par Didier Muscat, auteur chez Bayard Presse, la Journée des enfants a également connu une grande affluence : les publications françaises pour la jeunesse jouissent auprès du public coréen d'une réputation d'élégance et de qualité qui ne se dément pas.
Le public adulte, francophone ou non, a apprécié la variété de l'offre, présentée en français ou en traductions coréennes, et plébiscité les romans, les beaux livres, toujours difficiles d'accès en Corée, et les ouvrages de vie pratique (guides, livres de cuisine).
A noter également le succès du stand Unipresse qui a souscrit près de 150 abonnements, dont près de 50% au profit de magazine d'information générale comme ça m'intéresse, Dossiers et Documents, Courrier international.
Ces résultas confirment la curiosité du public coréen pour les publications françaises, tous genres confondus, comme en témoigne le nombre de titres traduits ou retraduits ces dernières années, 458 en 2003, 573 en 2004. Il pose, à terme, la question de savoir si une structure durable, kiosque ou librairie, ne serait pas viable à Séoul, comme le souhaitent d’ailleurs beaucoup de Coréens.
- Pascal Dayez-Burgeon
Chef du Bureau du livre, Séoul