Depuis sa création en 1963, la Foire du livre de Jérusalem donne rendez-vous tous les 2 ans aux éditeurs, agents littéraires, responsables des échanges de droits ainsi qu’aux libraires et au public dans l’enceinte du Centre d’expositions internationales (ICC) de Jérusalem.
Zev Birger préside depuis 23 ans cette manifestation dont il voudrait faire le lieu de rencontre avec les éditeurs du Moyen-Orient. Toutefois, la situation politique tendue lors de la précédente édition avait pesé négativement sur la fréquentation.
Ce ne fut pas le cas de cette 22e édition qui a réuni 30 pays sur 136 stands individuels et collectifs notamment européens, nord et sud américains du 13 au 18 février 2005. Dans une atmosphère détendue et chaleureuse, exposants et visiteurs se sont retrouvés, le public se pressant entre 16 et 21 heures après la fermeture des bureaux.
De nombreux évènements spécifiques à cette foire et à son organisation s’y sont déroulés :
- Le 20e anniversaire du Editorial Alumni Fellowship qui compte plus de 250 lauréats à ce jour, ainsi que la 3e édition du nouveau programme consacré aux agents littéraires.
- L’inauguration en présence de Uri Lupolianski, Maire de Jérusalem, a eu lieu à 18 heures le dimanche 13 février.
- Le mercredi suivant à 20h30, le Prix de la ville de Jérusalem qui récompense un auteur dont l’œuvre exprime la liberté de l’individu dans la société a été décerné à l’unanimité à Antonio Lobo Antunes.
- Le jeudi à 17 heures a été remis, à la mairie de Jérusalem, le prix des « Amis de Jérusalem », qui distingue le professionnalisme d’un éditeur et récompense sa contribution en faveur de l’édition israélienne et de la ville de Jérusalem. Anne-Solange Noble, Directrice des droits étrangers de Gallimard et Andrew Franklin, éditeur de Profile Books au Royaume-Uni ont été les bénéficiaires de cette distinction.
Le stand du BIEF se trouvait dans le hall 5 réservé aux éditeurs internationaux. Sur un stand de 56 m² réparti en 2 modules de 28 m², de chaque coté de l’allée, plus de 1 700 ouvrages étaient présentés par thématiques. Les librairies du Foyer de Tel-Aviv et Vice-Versa de Jérusalem ont été chargées de la commercialisation des ouvrages organisant également les séances de signatures sur le stand des auteurs invités par les Services culturels français.
Leïla Sebbar a participé à une rencontre autour de son livre Je ne parle pas la langue de mon père paru aux éditions Julliard dans lequel elle relate son expérience familiale dans l’Algérie d’avant et après la décolonisation. Cette rencontre était présentée par Jean-Luc Allouche.
Un hommage a été rendu à Histoire d'une vie d’Aharon Appelfeld aux éditions de l’Olivier (Prix Médicis étranger 2004) dans le cadre d’une échange en hébreu avec traduction française entre l’auteur et sa traductrice en français, Valérie Zenatti. Cette rencontre passionnante a été suivie d’un cocktail organisé par l’Ambassade sur le stand français.
Le lendemain Valérie Zenatti, en tant qu’auteur publié par l’Ecole des Loisirs, animait sur le stand une rencontre destinée exclusivement aux enfants. Son dernier livre Une bouteille dans la mer de Gaza avait été présenté au Centre culturel français de Jérusalem la semaine précédente auprès d’un public conquis par sa grâce et son talent.
Le mercredi, Frédéric Ancel et François Thual ont présenté devant un large public attentif et partagé leur ouvrage Géopolitique d'Israël, dictionnaire pour sortir des fantasmes paru au Seuil. Ilan Greilsammer, modérateur se chargeait également de la traduction en hébreu.
De nombreux Israéliens sont de grands lecteurs cultivés, francophones pour beaucoup. Toutefois, le livre français est un luxe, en raison du coût de l’euro par rapport au pouvoir d’achat local. L’attirance était grande mais la réalité prenait le dessus et limitait l’achat final. Cependant dans ce contexte difficile, plusieurs ouvrages dans différents domaines ont été vendus à des bibliothècaires et à des particuliers. Après la Foire, les deux librairies françaises conservent le stock restant afin de continuer à le vendre dans leurs librairies.
La Foire de Jérusalem a fermé ses portes en début d’après-midi le vendredi. Les organisateurs ont été récompensés de leur persévérance tant par la fréquentation du public que par la présence d’auteurs de renommée internationale - Erri de Luca, Konstanty Gebert, David Grossman (pour n’en citer que quelques uns)… qui ont participé à des rencontres avec le public organisées au Café littéraire, mais également sur les stands nationaux.