Bleu autour, le témoignage de Jean-Marc Pennetier
C'est avec certains des ouvrages de nos deux collections « d'un lieu l'autre » (récits littéraires) et « d'un regard l'autre » (textes et images) sur le thème de la géographie intérieure, de l'exil, en particulier ceux qui jettent des ponts entre, d'un côté, la France et, de l'autre, l'Algérie, l'Égypte, la Tchétchénie et la Turquie, que nous avons tenté pour la première fois l'aventure de Francfort. L'objectif était pour nous de vendre, ou d'apprendre à vendre, des droits.
Pour cela, nous avions l'appui (et les conseils) du BIEF, et quelques premières expériences avec la vente des droits de Suite byzantine à l'éditeur turc Yapi Kredi et des demandes de deux éditeurs italiens intéressés par l'achat des droits de Lettre de Tchétchénie. À Francfort, nous avons acquis du savoir-faire auprès de confrères présents sur le stand du BIEF et plus aguerris. Des rencontres se sont faites aussi avec une représentante du CNL, des auteurs potentiels, des traducteurs recherchant des textes français à présenter aux maisons avec lesquelles ils travaillent, etc. En plus des visites sur les stands d'éditeurs étrangers, nous avons pris des contacts intéressants avec une trentaine d'entre eux (anglais, allemands, italiens, espagnols, turcs, égyptiens, hongrois, russe...) ; aucune cession de droits n'a été signée sur place mais nous avons quatre ou cinq espoirs sérieux (Grande-Bretagne, Italie, Allemagne, Turquie).
Francfort 2005 ? Sans doute y retournerons-nous dans les mêmes conditions et avec de meilleures chances de succès grâce aux relations nouées, la recherche d'autres contacts, la préoccupation enfin de publier des livres aussi pour les marchés étrangers.
Scribo, témoignage de Geneviève de Temmerman
Scribo occupe une niche délaissée par les ténors de l'édition (dictionnaires bilingues spécialisés par secteur de métier), et notre première présence à Francfort, en 1990, nous est apparue décevante. Cependant, à moyen terme, elle a donné un coup d'envoi à la distribution de nos ouvrages à l'étranger à travers un réseau de libraires nord-américains. D'où notre second « coup d'essai » en 2004, avec un nouvel objectif : l'achat de droits étrangers. Là encore, mission accomplie dans la mesure où un projet est en cours de négociation avec un éditeur russe, un autre avec un éditeur australien, et trois avec des confrères asiatiques. La conclusion qui s'impose est que Francfort est un must - quel que soit l'objectif et tout particulièrement pour un petit éditeur indépendant. Je tiens à saluer à ce propos l'excellent travail du BIEF qui a apporté à nos ouvrages une mise en valeur d'une remarquable qualité.
(propos recueillis par Christine Karavias)