Pour faire suite à l’étude réalisée au BIEF en février 2003 sur la situation du livre d’art dans le monde néerlandophone et au Salon du livre 2003 où la Hollande était l’invitée d’honneur, le BIEF a organisé les 17 et 18 juin avec les services culturels français de l’Ambassade de France à La Haye et la Maison Descartes une rencontre professionnelle à Amsterdam entre éditeurs d’art français (10), distributeurs (2), libraires (3) et éditeurs néerlandophones (10).
Aux Pays-Bas, la plupart des livres d’art importés sont en anglais : le stock des librairies d’art est en effet constitué à 65% d’ouvrages publiés dans cette langue ; les quelques ouvrages en français (moins de 5% du stock !) sont des titres très spécifiques qui n’ont pas leur équivalent en anglais. Et, même si la place du français dans ce pays est en passe de devenir sinistrée, la présence des principaux distributeurs et libraires de livres d’art hollandais à la. réunion du 17 juin prouve leur intérêt pour la production française.
Pour ce qui est de l’édition, afin de toucher un public qui dépasse le cadre (modeste) national, certains éditeurs hollandais publient directement en anglais, de quoi faire réfléchir certains éditeurs français : en quoi la publication d’ouvrages d’art sous forme bilingue français-anglais peut-elle permettre un développement des ventes à l’export ?
Par ailleurs, dans ce petit pays où la culture des échanges internationaux reste très vivace et où l’édition d’art est audacieuse et parfois même assez pointue (design, architecture, photos…), la coédition internationale est une pratique très courante et la plupart des maisons qui publient des livres d’art travaillent avec des partenaires étrangers réguliers.
Dernier point : les éditeurs présents (français, flamands, hollandais) reconnaissent que le coût élevé du droit de reproduction des images est un frein, et qu’il y aurait peut-être lieu d’envisager sur ce point une démarche commune, et même européenne…
Cette réunion a été extrêmement bien reçue. La participation élevée (10 éditeurs de chaque pays) est à elle seule un indicateur de l’intérêt de ce type de manifestation.
C’est en effet une occasion de confronter des pratiques et des expériences professionnelles, de découvrir des affinités et d’envisager à plus long terme des projets communs.
Les éditeurs français présents ont indiqué qu’ils seraient intéressés par une autre manifestation de ce type, prioritairement en Italie et en Allemagne.