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Portrait et entretien de professionnels
L'écrivain dans l'espace francophone : forum organisé par la Société des gens de lettres

Dans le cadre du Festival francophone en France,  la Société des Gens de Lettres organise les 27 et 28 mars un forum sur  « L’Écrivain dans l’espace Francophone ».

Fidèle à sa vocation historique qui est de défendre les droits des auteurs, mais aussi de réfléchir sur leur statut et leur place dans la société, la SGDL entend à cette occasion approfondir une expérience professionnelle sur les thèmes : écrire, publier, être lu dans l’espace francophone.

Ces deux journées se dérouleront en présence d’Alain Absire, président de la SGDL, et seront introduites par Daniel Maximin, écrivain, responsable Éducation, Recherche et Littératures du Festival francophone en France.

Seront abordés entre autres : le statut de l’auteur dans l’espace francophone, écrire en français : le choix linguistique, la question des langues dans le monde arabe, la place des auteurs francophones aux États-Unis, le choix d’un éditeur, la disparité des marchés du livre dans l’espace francophone, la librairie, support de la littérature francophone, les spécificités de la littérature pour la jeunesse, les différents relais et les soutiens à la francophonie…

De très nombreux intervenants participent à ce forum : auteurs, éditeurs, journalistes, libraires, linguistes, responsables d’associations, d’organismes et d’institutions concernés.


Entretien avec François Taillandier, Président de la commission francophone de la SGDL

Anne Lise Schmitt : Vous présidez la commission francophone de la SGDL. Pourriez-vous revenir sur les motivations qui ont déterminé la création de cette commission ?

François Taillandier : L’intérêt porté à la francophonie par la SGDL n’est pas nouveau. Aujourd’hui comme hier, de nombreux auteurs de langue française venus des horizons les plus divers font partie de nos adhérents. Et nos prix et bourses littéraires ont souvent couronné des auteurs dits « francophones »… Du reste, ce distinguo ne nous intéresse guère. Il y a des auteurs, point final !
Ce qui est clair aujourd’hui, c’est que les grandes questions professionnelles qui nous occupent ne peuvent plus être pensées dans un cadre strictement national. Notre ambition est d’une part de travailler dans le cadre de l’Union européenne (nous appartenons à l’European Writers Congress) ; d’autre part de mettre à profit la francophonie, qui crée un lien naturel avec nos confrères du Québec, de l’Afrique, etc., pour réfléchir ensemble aux grands enjeux – aussi bien, pour m’en tenir à des débats récents, la diversité culturelle que le développement des nouvelles technologies numériques.

AL.S : Quel rôle la SGDL doit-elle jouer tout au long de cette année de célébration de la francophonie ?

F. T. : En l’occurrence, il nous est apparu nécessaire d’établir une sorte d’état des lieux. Où en sont les auteurs de langue française par rapport aux marchés, à la diffusion du livre, aux lois qui régissent leur activité ? Le président de l’association, Alain Absire, et moi-même, sommes très heureux que le Festival francophone en France nous donne l’occasion d’aborder ces problèmes en profitant d’une plus grande attention publique. De nombreux auteurs, des représentants d’associations et d’institutions, sont venus nous aider à élaborer ce forum, auquel participeront aussi libraires, bibliothécaires, éditeurs, médiateurs du livre. Notre maison a ses fondamentaux, mais elle ne vise pas à exercer un magistère ; elle est un lieu où peuvent se formuler des réflexions communes, se dire des exigences partagées.

AL.S : Quelle est selon vous la particularité de la chaîne du livre dans l’espace francophone par rapport à la chaîne du livre en France ? Quelle disparité notez-vous en ce qui concerne le statut de l’auteur dans l’espace francophone ? Quel rôle la SGDL peut-elle jouer sur ces questions après la tenue du forum ?

F. T. : Je ne veux pas anticiper sur ce que les communications et les discussions feront émerger. Bien sûr, nous avons quelques points de départ : dans l’aire francophone, tout le monde le sait, les droits des auteurs, leur statut social, la diffusion du livre, l’accès au savoir, à la pensée, à l’imaginaire sous leur forme écrite, sont marqués par une terrible inégalité. De même d’ailleurs que l’accès aux nouvelles technologies. Nous voudrions cerner les enjeux essentiels et être une instance d’interpellation des pouvoirs publics ou économiques. Et puis nous pouvons contribuer à faire connaître des actions positives, telles celle que mène l’AILF, par exemple, ou l’Alliance des éditeurs indépendants.

Nous publierons d’ici l’été les « actes du colloque ». Pour le reste, là encore, je ne veux pas anticiper. Des contacts se seront noués à cette occasion, des rencontres auront eu lieu ; j’espère qu’ils déboucheront sur de nouvelles initiatives au profit du livre et des auteurs de l’écrit. L’expérience prouve que souvent les idées les plus fructueuses surgissent ainsi. Ce que j’aimerais en tout cas, c’est montrer, ou rappeler,  que la SGDL est un outil au service des auteurs, et qu’il ne tient qu’à eux de s’en servir !

- Propos recueillis par Anne Lise Schmitt

 -  mars 2006
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