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Comptes rendus
Bookarest, Salon international du livre de Bucarest

D’année en année, les pays d’Europe centrale et orientale multiplient les rendez-vous professionnels du livre. La Roumanie a été l’un des premiers à instaurer son salon, qui réunit aujourd’hui plus de 400 exposants dont la moitié de professionnels roumains.
Le salon dans son ensemble est bien organisé et permet au grand public de se rendre compte de l’actualité éditoriale roumaine dans sa diversité. En effet, Bookarest est le moment que les éditeurs roumains privilégient pour lancer leurs nouvelles productions à renfort d’interventions d’écrivains et de critiques célèbres. Ces animations bénéficient d’un support médiatique plus important qu’à l’habitude (journaux, télévision et radio).
Les participants étrangers sont exclusivement européens : d’Europe centrale et orientale (Moldavie, Hongrie, Bulgarie…), d’Angleterre, d’Allemagne et d’Espagne, invité d’honneur cette année.
Le stand français, avec 1 200 titres classés par thématique, était situé à côté du stand Unipresse et proche de l’espace espagnol, organisé par l’Institut Cervantes.
Malgré un gros effort consenti sur les prix des ouvrages, ceux-ci restent chers pour le public qui, toutefois, était ravi de trouver nombre de titres actuels aussi bien en fiction, qu’en essais et usuels.
La présence d’Olivier Rolin, lauréat du prix Fémina 2002 pour Tigre en papier, invité par le Service de coopération et d’action culturelle (S.C.A.C.) de l’ambassade de France en Roumanie, a contribué à réunir le lectorat francophone et francophile grâce à plusieurs rencontres organisées sur le stand ou dans les locaux de l’Institut français.
De plus, à l’initiative du SCAC et en collaboration avec l’association CONCEPT, le prix Eugène Ionesco a été créé afin de récompenser la production littéraire roumaine et sa promotion en France.


Marie-José d'Hoop (responsable des droits étrangers aux Belles Lettres) : « Un rendez-vous avec des francophiles fidèles à ne pas négliger… »

« J’étais allée au Salon de Bucarest en 2001 et j’ai trouvé l’ensemble assez peu changé. En fait, j’ai revu bon nombre d’éditeurs que je connaissais déjà, plus quelques nouveaux, et les ai trouvés plutôt confiants, prudents mais pleins de projets, pas du tout démoralisés, même si le marché du livre et l’édition en Roumanie sont encore dans un état très précaire. La plupart avaient déjà traduit et publié les livres dont ils avaient acheté les droits, se montraient intéressés par des collections complètes en histoire, philosophie, spiritualité plutôt que religion. Les livres pour la jeunesse intéressent aussi beaucoup les éditeurs qui sont très généralistes : un gros éditeur publie de tout.
Mais on trouve aussi en Roumanie des petits éditeurs indépendants, fanatiques de bonne littérature ou d’antiquité classique. Même si l’anglais, et la culture anglo-saxonne, comme partout, prennent le dessus, les Roumains sont encore très francophones et francophiles. C’est un salon auquel il faut aller régulièrement, et un pays et des éditeurs qu’il faut voir fidèlement. »

Sophie Bertrand  -  mai 2003
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