Le marché du livre en Hongrie reste difficile à cerner, soumis aux mêmes difficultés que d’autres pays d’Europe centrale et orientale, sur la voie de la transition vers une économie de marché. Cela apparaît notamment dans la réorganisation de la distribution, secteur où le monopole étatique a été remplacé par un oligopole de trois quatre grosses maisons de distribution comme Vince Kiado ou Libri. Cependant, le sort des librairies ne semble pas condamné, et certaines parviennent à s’adapter à cette économie plus réaliste et à se maintenir face à des chaînes de librairie comme Alexandra en cultivant des liens étroits avec les éditeurs. Ces derniers tentent de maintenir une diversité dans leur production éditoriale en traduisant les best-sellers internationaux et des fictions hongroises.
Les ouvrages traduits le sont pour la plupart de la langue allemande ou anglaise, et comme le constate Stanislas Pierret, conseiller culturel à l’ambassade de France en Hongrie, dans Le Journal Francophone de Budapest, « il reste beaucoup à faire pour que la production de la littérature française soit mieux appréciée et distribuée ». À titre indicatif, en 2000, 127 titres ont été traduits de l’anglais , 62 de l’allemand et 12 du français…
Toutefois, il existe bel et bien un intérêt pour les productions françaises, notamment la fiction contemporaine, avec la présence dans les catalogues d’auteurs comme Andreï Makine, régulièrement traduit, ou Sylvie Germain, et les sciences sociales, avec des ouvrages traitant des problématiques actuelles, comme par exemple les enjeux de la mondialisation.
Afin de soutenir les échanges, a été créé le programme Kosztolanyi d’aide à la traduction (du ministère des Affaires étrangères) qui aide à la présence d’auteurs comme Alain Robbe-Grillet ou Jean-Marie Koltès.
Se déroulant dans un Convention Center de Budapest, sur trois étages, le Bookfestival accueille plus de 400 professionnels venus d’une trentaine de pays (Chine, Japon, Roumanie, Espagne, Russie, Allemagne, Angleterre, Pologne…). Les livres s’y vendent bien puisque selon les organisateurs, en 2002 on recensait une augmentation de 18 % des ventes par rapport à 2001.
L’espace français de 100 m2 se trouvait au cœur du centre d’exposition, dans une immense salle ronde, faisant habituellement office d’auditorium.Outre la présentation de plus de 2 000 titres français toutes disciplines confondues, notre espace accueillait UNIPRESSE et l’A.S.E.L.F (Association suisse des éditeurs de langue française) qui avait réuni une centaine de titres.
Les responsables des droits étrangers d’Actes Sud, Fayard et Gallimard étaient présents ainsi que certains éditeurs comme Viviane Hamy afin de poursuivre et développer leur collaboration avec les éditeurs hongrois.
Association des éditeurs hongrois : www.mkke.hu
Le Journal Francophone de Budapest
Le Journal Francophone de Budapest, qui existe depuis maintenant quatre ans, d’abord mensuel puis bi-mensuel, est devenu un hebdomadaire hongrois de langue française.
Pour ce journal d’informations et non pas d’opinions, la ligne éditoriale tente d’établir un équilibre entre l’extrême variété d’origine de ses lecteurs, en traitant de la politique, l’économie et la société mais aussi de la culture, du sport, de la gastronomie, du tourisme, etc.
Tiré entre 7 000 et 9 000 exemplaires, le JFB est diffusé dans les kiosques à journaux, par abonnements (dont une partie vers l’étranger dont le Canada) et la distribution gratuite sur certains sites (grands hôtels, restaurants, etc.) et enfin sur certaines lignes aériennes Le JFB peut être consulté dans son intégralité sur son site Internet www.JFB.hu, visité chaque mois par environ 15 000 personnes.
À l’occasion de l’invitation d’honneur de la France à la Foire de Budapest, le supplément littéraire du 23 avril du JFB était consacré aux relations littéraires franco-hongroises.